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Premier exportateur d'Espagne, sous pression

L'industrie chimique est le premier secteur exportateur de l'économie espagnole. Les chiffres publiés par la FEIQUE pour 2025 montrent aussi les limites de cette position : une activité stable en valeur, des prix en baisse, des importations qui progressent plus vite que les exportations et un écart de coût de l'énergie défavorable. Cette note en tire les conséquences pour les dirigeants et les investisseurs qui examinent une entreprise chimique espagnole.

Publié le 20 octobre 2026 · Domaine : Croissance interne et externe

État du secteur au 20 octobre 2026

Selon la FEIQUE, fédération des entreprises de l'industrie chimique espagnole, le chiffre d'affaires du secteur a atteint 85 417 M€ en 2025, en baisse de 0,1 %. La production a progressé de 1,3 %, mais les prix ont reculé de 1,6 %.

Les exportations ont atteint 62 926 M€, en hausse de 6,4 %. Elles représentent 18 % des exportations de biens de l'Espagne, devant l'automobile (16,1 %) et l'agroalimentaire (15,2 %). Le secteur réalise 73,7 % de son chiffre d'affaires à l'international, et 56 % de ses exportations sont destinées à l'Union européenne.

Les importations ont progressé plus vite, de 7,7 %, pour atteindre 66 852 M€. Elles proviennent d'abord des États-Unis (12,7 %) et d'Allemagne (12,6 %).

L'énergie pèse sur la compétitivité. Le gaz est quatre à cinq fois moins cher aux États-Unis qu'en Europe. Au premier semestre 2025, l'électricité industrielle coûtait en moyenne 179 €/MWh dans l'Union européenne, contre 80 à 110 €/MWh aux États-Unis et en Chine. Entre 2019 et la fin de 2025, le prix moyen du gaz a augmenté de 145 % et celui des quotas d'émission de 170 %.

Conséquences pour les dirigeants et les investisseurs

Une entreprise chimique ou plasturgique espagnole est rarement une entreprise domestique. Avec près des trois quarts du chiffre d'affaires du secteur réalisés hors d'Espagne, sa valeur dépend d'abord de ses marchés d'exportation, de la solidité de ses canaux et de sa capacité à servir des clients européens à distance.

Elle dépend ensuite de son exposition à l'énergie. La hausse des coûts du gaz, de l'électricité et des quotas d'émission réduit la marge des activités les plus intensives en énergie, et des prix de vente orientés à la baisse ne permettent pas de la compenser.

Elle dépend enfin de sa capacité à défendre ses marges face aux importations. Lorsque celles-ci progressent plus vite que les exportations et que les prix reculent, la concurrence se joue sur le marché intérieur autant qu'à l'exportation.

Pour un acquéreur ou un actionnaire, l'analyse d'une telle entreprise suppose donc de lire, pour chaque ligne de produits, la part exportée et les pays de destination, l'intensité énergétique et le mécanisme de répercussion des coûts, ainsi que la position face aux produits importés. Ces éléments déterminent la valeur davantage que le volume vendu.

Conclusion

Le premier exportateur d'Espagne reste solide en volume, mais ses prix reculent, ses importations progressent plus vite que ses exportations et son écart de coût de l'énergie avec les États-Unis demeure. Pour une entreprise chimique espagnole, la valeur tient à la qualité de ses marchés d'exportation, à la maîtrise de son exposition énergétique et à sa capacité à défendre ses marges, produit par produit, face aux importations.

Sources

  • FEIQUE, 9 avril 2026 : bilan 2025 de l'industrie chimique espagnole (chiffre d'affaires, production, prix, échanges extérieurs, coûts de l'énergie).

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